Kelly venait de Toronto, moi de Lyon et nous étions tous les deux
enseignants et doctorants à Montréal. Mon avantage était de parler mieux le
français qu'elle. Son avantage, mais pas pour les mêmes raisons, était de
parler l'anglais.
J'ai rencontré Kelly durant un intercours, au moment où les aspirants à l'
enseignement font semblant de se connaître pour se distinguer des étudiants
qu'ils ont été et sont encore. J'enseignais le droit européen et elle la
chirurgie plastique.
Il fallut un mois avant qu'elle ne me propose de déjeuner, puis de dîner, puis
d'aller au cinéma ensemble, car au Canada, les femmes peuvent tout autant
faire le premier pas que les hommes. Même si j'étais dans un pays réputé
accueillant, je n'en étais pas moins seul et je n'avais aucun problème, une
fois ma toge raccrochée, de la rejoindre là où elle voulait que nous soyons.
Kelly, à la différence de beaucoup de gens, était une fille qui me
passionnait. Son métier, la chirurgie plastique, n'y était pas pour rien.
Mais elle parvenait à me compléter, à combler mes manques lorsque j'en avais
dans n'importe quelle soirée où elle m'accompagnait, où je l'accompagnais.
C'est à cette époque que j'ai acheté un smoking pour être à la hauteur, car
Kelly était non seulement intelligente, mais aussi très belle. Une
caractéristique des filles comme elle : la totale réussite.
Lorsque je suis revenu au Canada, dans le froid glacial de janvier, après
une grippe australienne, une lettre de Kelly m'attendait. Je n'avais pu lui
téléphoner, ni même lui écrire, par Internet ou autrement, alors que je
luttais contre la maladie dans mon pays. Elle semblait lutter aussi puisqu'
elle était dans une quelconque clinique privée du quartier Outremont où
vivaient avocats et médecins fortunés.
Le lendemain je me suis rendu à sa clinique, éreinté après un procès où j'
avais assisté une amie. Elle était allongée, le bassin immobilisé. Elle me
dit de m'asseoir et de l'écouter en commençant par me dire que rien de grave
ne lui était arrivé.
« Voilà Laurent, je pense que je te dois des explications, et pour une fois
dans ta langue. Comme tu le sais je suis née à Vancouver d'un père philippin
et d'une mère canadienne. Toute ma vie, j'ai vécu dans un corps d'homme, que
je n'étais pas. Je fais partie de cette minorité à laquelle j'ai voulu
consacrer ma vie en faisant des études de médecine puis de chirurgie. Je n'ai
pas fait cela pour autre chose que pour soigner celles qui souffrent comme
moi. Aujourd'hui j'ai perdu tout ce qui pouvait me rappeler que j'avais été
un homme. Je ne renie pas mon passé masculin. Crois-moi, j'ai essayé de
toutes mes forces d'être un homme. Faire l'amour avec une fille était plus
une souffrance, comme si je subissais un viol. J'ai essayé l'homosexualité.
Je crois que ce fut pire. C'est là que j'ai décidé de quitter Vancouver, et
de partir pour Calgary ou je suis devenu Alannah, travestie. Pendant pas
moins d'un an, j'ai rasé les murs. Je me sentais si laide et j'avais si
honte. Au bout de deux ans, on m'a finalement accordé les nécessaires
hormones à ma transformation, et je suis devenue Kelly. Quelques mois plus
tard je me suis fait supprimer la pomme d'Adam et les testicules. Ma barbe
avait déjà été laserisée. En l'espace de quelques mois, ma pilosité commença
à nécessiter moins de vigilance, mon corps se modifiait, ma voix changeait.
Si tu savais quelle expérience cela peut être . »
Je n'aurais jamais voulu connaître cette expérience, mais j'essayais tout au plus de
comprendre, car c'est une chose de lire des bouquins juridiques sur le
transsexualisme et c'en est une autre que d'en rencontrer une avec qui vous
vous êtes affiché sans rien savoir. Je songeais à toutes les personnes qui
m'avaient vu avec elle et qui n'avaient peut-être rien dit mais savaient
tout. La fonction d’avocat est soumise à une certaine morale, et que l’on le veuille ou non,
le fait de sortir avec une transgenre n’est pas dans cette morale, même si, comme moi,
on ne le savait pas. Si elle s'était obstinée à dissimuler le français qu'elle parlait très
bien, c'était avant tout pour m'empêcher de pouvoir faire la part entre ce
qui était l'accent anglais et ce qui était cette voix si grave et si
profonde, et pourtant si séduisante.
« J'admire ton courage, mais que veux-tu que je te dise ? J'ai fait comme
si tu étais ma girl-friend pendant plusieurs mois, sans me rendre compte de
rien.»
« Tu vois les moments que nous avons passé comme quelque chose de
douloureux, tu ne veux pas rester l'ami que tu as été pour moi ? »
Devant mon trouble elle continua.
« Je ne te demande pas de me répondre maintenant. Je me rends compte, ou du
moins j'essaie de me rendre compte de ce que tu peux ressentir. Je sais que
tu devras repartir chez toi d'ici plusieurs mois, mais je ne te demande pas
l'éternité. Je ne suis pas une femme comme les autres. Je ne te demanderai
jamais de sacrifier quoi que ce soit pour moi. »
Je savais de quoi elle parlait: la respectabilité et le rôle de père.
La respectabilité est une question que je me suis posée et à laquelle
j’ai répondu par mes actes puisqu’elle est devenue ma femme.
Avec aucune femme je n’ai jamais voulu avoir d’enfants,
donc le fait de ne pas être père était positif pour moi)
Sur ces paroles, je l'ai embrassé sur la joue, sans changer le protocole qui
était le nôtre antérieurement. Elle m'adressa un beau sourire malgré la
douleur qu'elle n'avait pratiquement pas laissé paraître pendant qu'elle me
parlait. Oui, j'allais rester son ami, mais allais-je devenir plus que cela,
sachant, en effet, que je devrai revenir en France. Je me
voyais mal être le boy-friend d'une transsexuelle dont on saurait ce qu'elle
avait été si l'on avait voulu me nuire ensuite, ce qui dans mon travail
était monnaie courante: dans les combats juridiques tout est utilisable et
si être homosexuel est passé dans les mœurs,
vivre avec une transsexuelle ou une noire l’est déjà moins : c’est comme ça.
Kelly était mon amie, vraisemblablement elle aurait voulu plus que cela,
sans me demander ce que je redoutais avec toutes les filles : l'ultime
engagement, avoir des enfants. Des choses que je ne pouvais et ne pourrai
jamais assumer et qui avaient fait de moi un éternel solitaire: je ne voulai pas
d’enfants et le fait qu’elle ne puisse en avoir m’allait très bien et plaidait en la faveur d’une engagement avec elle.
Les quelques belles filles génétiques que j'avais connues étaient toutes très
différentes, mais aucune n'avaient tous les éléments requis pour fonder une
relation constructive avec moi. Je n'avais jamais trop pensé à Kelly comme
une partenaire amoureuse potentielle, mais finalement était-ce un si mauvais
choix ? N'avait-elle pas été une partenaire exemplaire en toutes choses ces
derniers mois ?
Alors certes, il y allait avoir le redoutable moment dont
j'avais toujours aussi peur : l'acte d'amour.
L’acte d’amour m’a toujours fait peur, avec une femme biologique ou pas.
Mais, après tout, la première
union passée, toutes les autres apparaissent comme naturelles, sauf que
Kelly avait été un homme et était aujourd'hui une femme.
Mais le coeur a ses raisons, et Kelly est devenue ma girl-friend. Elle
comprit, sans que j'ai à lui dire quoi que ce soit que si les tendres
baisers, les caresses, les mots doux et l'union spirituelle étaient les
choses que je recherchais, l'union charnelle ne venait que très loin après,
très loin dans le temps. Elle ne me demanda qu'une totale fidélité, ce qui
revenait à dire une totale abstinence. Mais j'avais connu l'abstinence bien
plus longtemps que les quatre mois de notre relation amoureuse platonique.
Le contact psychique qui s’accompagne d’une tendresse charnelle platonique.
me plaît plus que la pure et simple sexualité. L’union spirituelle avant tout, femme bio ou pas
Ce fut une période mémorable de ma vie, car plus qu'une amie, Kelly n'était
pas la fille avec qui je faisais l'amour, mais avec qui j'avais vocation à
le faire. C'était surréaliste et c'était une première dans ma vie. Certes,
cette relation étaient indispensable à ce que se fasse la connexion, et
Kelly voulait que je devienne dépendant, accroc à elle, et elle y arrivait
fort bien. Il n'y avait pas que cela.
Je savais que ce serait la première
fille à laquelle je m'unirai sans porter de préservatif, car au bout de
quatre mois, Kelly me parla carrément de mariage, certes, un simulacre comme
Las Vegas en vendait. La question n'était pas d'être officiellement mariés,
mais de croire à notre mariage. C'est cela qu'elle voulait, et c'est cela
que je finis pas vouloir également. J'allais devenir le mari d'une femme, et
c'était une expérience unique.
Comme je m'y attendais, nous commencions par subir les tests vénériens
indispensables à deux personnes qui allaient devoir s'accoupler, car je
savais qu'à présent, je n'échapperai plus à l'union charnelle. Kelly me
disait toujours qu'elle était certaine que je serai à la hauteur et qu'elle
ferait tout pour me mettre en confiance.
Vint le grand jour. Costume blanc dans mes valises et robe immaculée dans
les siennes. Nous portions nos alliances autour du cou, avant de nous les
échanger dans la chapelle où divers couples plus ou moins durables
défilaient devant un pasteur qui n'avait d'autorité que l'habit. Mais peu
importait, pour quelques dollars, nous aurions l'illusion du mariage à durée
déterminée, car Kelly savait que je n'avais pas un visa éternel dans son
pays.
Nous avions, comme il se devait, loué une suite nuptiale pour une semaine,
où nous passerions le plus clair de notre temps entre les draps de satin ou
dans le bain à bulles. Plus resplendissante que jamais, elle me précéda dans
le grand appartement. Une simple phrase « Déshabille-toi mon amour, j'arrive ».
Durant toute notre relation, ce fut cette sorte de rituel, car si
Kelly était une femme, qu'elle prenait un plaisir tout particulier à uriner
devant moi, parce qu'elle était obligée de s'asseoir, elle ne voulait pas
que je voie à quoi elle se livrait avant de faire l'amour avec son jeune
mari. Kelly était obligée de lubrifier son vagin, ce qu’une fille bio n’a pas à faire
et c’était évident qu’elle voulait que je ne vois pas cela parce que cela la rendait
moins féminine, à ses yeux. Normal que je respecte cela
J'étais au lit, elle arriva devant moi, les jambes légèrement écartées, sa
peau cuivrée exempte de toute pilosité, une peau de métisse que j'allais
sentir sur ma peau blanche. Elle était totalement nue, elle ne portait,
comme moi, qu'un médaillon chrétien et son alliance, toute neuve. Kelly
était chrétienne depuis quelques mois déjà. Elle avait rencontré la foi
pratiquement au même moment que sa rencontre avec moi, et c'était peut-être
aussi pour cela qu'elle avait souhaité se marier « vierge ».
Elle me laissa contempler pour la première fois son magnifique corps. Ses
cheveux bouclés mi-longs, son visage aux traits fins, ses yeux étincelants,
sa délicate musculature qui trahissait son état antérieur. Ses seins avaient été
remodelés aux silicones. Elle prenait, en cachette, des hormones, deux fois par jour:
en cachette, parce que les femmes prennent la pilule, pas d’hormones. Manque de féminité à ses yeux
Bref, Kelly était une fille
magnifique et supplantait la plupart des femmes.
« Je crois que tu es prêt à être le premier mon coeur. Cela t'angoisse ? »
Evidemment que j'étais stressé, mais je n'eus pas le temps de répondre.
Lorsque ce fut terminé je m'endormis ainsi avec la femme que j'aimais.
Le lendemain, alors qu'elle dormait encore, j'eu besoin de toucher son
ventre plat.
« Moi aussi je voudrais mon amour, mais je ne pourrai jamais. Jamais je ne
serai maman. »
Et pourtant j'étais certain qu'elle aurait été une mère admirable. Dieu sait
que je ne voulais pas d'enfants, mais je me pris à réfléchir à la question.
Lorsque j’ai vécu avec Kelly, qui était une femme en tous les points merveilleuse:
belle physiquement, psychologiquement, trois nationalités, quatre langues, chirurgien,
j’ai évolué sur le fait d’avoir ou non des enfants.
Pour moi, avoir des enfants c’est penser à leur intérêt, pas à avoir « le fruit de notre amour » et en l’occurrence Kelly, par ce qu’elle était, me faisait regretter de ne pouvoir avoir un enfant avec elle, parce que, je pense, que nous avions tous les éléments pour faire de bons parents, ce que je n’ai jamais pensé avec aucune autre fille.
Kelly pleurait de ne pas pouvoir avoir d'enfant et je ne pouvais rien faire d'autre que la serrer dans mes
bras, la consoler. Ne pas être, ni le mâle, ni le mari, mais l'ami. Quoi
dire si ce n'était « ce n'est pas grave ». Et cette réponse si candide « si
c'est grave ». C'est à ce moment là que nous redevînmes ce qui nous avait
conduit à nous marier. Longtemps nous dialoguâmes sur la procréation, le
fait d'avoir des enfants et surtout que peu de gens devraient pouvoir se
permettre ce « luxe ».
Le lendemain, après un petit déjeuner au lit, un long bain bouillonnant
pendant que nos draps étaient remplacés et nos vêtements emportés au
pressing de l'hôtel, nous nous rendîmes à nouveau au lit. Ma femme ouvrit un
tube neuf d'huile de massage spécialement prévu pour les amoureux. J'aimais
masser mes partenaires, sauf que ma femme connaissait l'anatomie beaucoup
mieux que moi, et connaissait le corps masculin aussi bien que moi. Je pris
conscience qu'aucun homme n'avait la chance que j'avais. Ma femme savait
exactement ce que je ressentais et comment elle pouvait me le faire
ressentir. Kelly se montra une enseignante attentionnée. Il est vrai que
plus j'améliorais ma technique de massage, plus elle en profitait. Tout le
temps que dura notre mariage et tout le temps que Kelly et moi nous nous
fréquentions, il n'y eu jamais une autre fille. Je lui fus intégralement
fidèle, comme elle le fut elle-même. Nous n'avions ni l'envie, ni même l'
énergie de faire l'amour avec un ou une autre partenaire. Nous épuisions
notre énergie sexuelle plus vite que nous ne l'emmagasinions.
Jamais je ne m'étais considéré comme homosexuel ou bisexuel, et ma femme
m'aurait plaqué si je l'avais été. Je n'envisageais plus ma sexualité comme
étant différente de celle que j'avais eue avec des femmes génétiques. Ma
santé psychologique et physique devint bien meilleure
qu'elle ne l'était précédemment parce que j'étais amoureux. Notre vie conjugale fut
passionnante, exaltante, en tout point, proche de ce que j'avais toujours
rêvé, un rêve que ma femme connaissait et qu'elle essayait, avec talent, de
me faire vivre pendant le temps limité que nous avions à passer ensemble. Un
peu comme deux amants qui savent que la mort interviendra bientôt. Et
curieusement cela contribua à la qualité de notre relation. Si notre besoin de fusion était plus intense que dans n'importe quel autre
couple c'était avant tout parce que nous nous séparions immanquablement un
jour ou l'autre.
Cependant nous vivions une relation amicale au vu du public. Nous n'étions
que des colocataires, nous avions chacun notre chambre, même si aucune nuit
nous ne fîmes chambre à part, même si aucune nuit nous ne nous serrâmes pas
dans les bras l'un l'autre, même si aucun jour nous ne nous embrassâmes et
surtout, même si aucun jour nous ne parlions des heures de choses dont nous
n'avions soupçonner parler; même si nous ne portions nos alliances que
lorsque nous étions ensemble et seuls:
Kelly était chirurgien, opérer avec une alliance n’est pas conseillé.
Parallélisme des formes en ce qui me concerne. On portait nos alliances en même temps
et seuls parce que nous pensions que notre mariage était une chose personnelle.
Un couple n’est un couple que lorsqu’il s’accouple, donc nous faisions l’amour
au moins une fois par jour pour traduire notre amour spirituel charnellement.
Mon visa n’était pas éternel et je n’étais pas formé pour pratiquer
au Canada et même chose pour elle, ses études n’était pas reconnues en France.
L'intensité que nous recherchions n'était liée qu'à cela.
Depuis longtemps Kelly croyait en sa féminité en mes yeux, et croyait en mon
amour pour la femme qu'elle était devenue et nous pour l'homme qu'elle avait
été. Notre vie de couple était ce que devait ou devrait être toute vie de
couple. Une entente parfaite et la séparation qu'exigeait notre vie
professionnelle, que ce soit dans sa chambre, écrivant sa thèse dans la
mienne, écrivant la mienne, que ce soit dans une clinique ou un tribunal,
que ce soit dans l'une ou l'autre université, n'était pas plus qu'une petite
atteinte à notre union. Chaque jour, à dix neuf heures, nous arrêtions notre
informatique, nous préparions un dîner ensemble, ou sortions.
Parfois aussi, l'un et l'autre se séparait pour passer du temps avec ses
ami(e)s, parfois même, nous les rencontrions à deux. Aucun problème ne se
posait pour Kelly. La plupart de ses ami(e)s savaient, et quelques unes
étaient aussi transgenres ou transsexuelles, la plupart en couples plus ou
moins durables.
En revanche, je dus avouer à la plupart des miens ce qu'
avait été Kelly (avouer ou dire : c’est vrai que je ne suis pas allé le raconter à tout
le monde dans la mesure où vu sa féminité, on pouvait tout à fait la prendre pour
une femme biologique, sauf évidemment, lorsque l’on couchait avec elle car tout
n’est pas « modifiable »).
Sa voix ne serait jamais aussi féminine qu'elle n'aurait dû
être, et c'était la seule chose qui la trahissait, mais aussi l'une des
choses qui me séduisait, car, curieusement, je trouvais sa voix très belle,
pulpeuse, unique. Il n'y avait pas que la profondeur et le relief dans la
gamme des graves, mais aussi cette teinte d'accent anglais américain.
Et puis vint le dernier mois, la dernière semaine, le dernier jour et l'
ultime séparation.
Aujourd'hui je n'ai toujours pas pu m'engager dans une
nouvelle relation.
Jamais je ne serais sorti avec une « femme qui ne l’était pas ». Peut être ne dois-je pas être trop exigeant,
les transgenres en me « recalant » me le font parfois comprendre durement en se disant, après avoir
vu mes photos, qu’elles valent mieux que « ça ». Mais je ne suis pas au point de sortir avec
« une homme en femme », à ce compte là, je préfère devenir homosexuel, c’est beaucoup plus simple à vivre.
Au Canada, j’ai connu des transsexuelles ou des transgenres comme simples amies, même avant de connaître Kelly
que je n’ai jamais trompé, finalement même aujourd’hui. En France, j’ai conscience que ce ne sera jamais le cas.
En fait, mon job, et ma vie ne me font pas fonder beaucoup d’espoir sur la nature humaine.
Sauf ma famille, Kelly,
une de mes trois autres copines, filles biologiques, j’ai appris à ne faire confiance à personne, c’est la meilleure façon d’être agréablement surpris.)
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